La neuvième édition du concours des vins et spiritueux de Shangai a eu lieu les 12 et 13 mars derniers.
Une semaine après cet évenement, deux constats ressortent d’une telle manifestation:
- La Chine est définitivement le prochain marché export des vins francais, mais qui en doutait encore?
Avec une participation record tant de le nombre de spectateurs que dans celui des échantillons envoyés, la Chine se positionne comme la place incontournable, le marché en devenir. La gastronomie occidentale est également à l’honneur de l’autre coté de la grande muraille et les exportations de vins étrangers vers ce pays se portent à merveille. Bonne nouvelle donc chers Bourguignons, la Chine aime nos nectars!
- Mais la Chine s’est aussi un pays producteur de vin et bien que dénigrés pour le moment, la production de vins chinois devrait prendre dans les années à venir une place importante. tout d’abord parce que le gouvernement chinois lui même encourage la consommation de vin et surtout sa production au niveau local. French paradoxe à l’appui, il démontre que la consommation de vin rouge peut être bon à la santé et à l’économie, esperant ainsi substituer la consommation de vin à celle de l’alcool de riz (céreal en pénurie actuellement en Chine…).
La production locale devrait donc se développer mais l’impact de la Chine ne s’arréte pas là.
Elle devrait également changer nos propres productions d’ici quelques années. En effet, si on en suit les thèses évoquées par Raymond Dumay dans son ouvrage La Mort du vin, le vin que l’on boit est celui des vainqueurs. Alors des vainqueurs de guerre biensûr, ce qui explique par exemple la sous-reconnaissance des vins allemands, que l’on a completement éludés après la deuxième guerre mondiale.
Mais de mainère plus contemporaine, il s’agit surtout de vainqueurs économiques. Les USA nous l’ont bien prouvés, lorsque l’on est la première puissance mondiale, on impose ses normes de production et surtout en ce qui nous concerne, ses normes gustatives.
Et si Robert Parker et le reste de l’Amerique ont remis en cause les vins de Bordeaux et les ont poussé vers une certaine qualité gustative, on peut légitimement se demander quelles seront les exigences des Chinois dans quelques années. On sait déjà que les vins qu’ils produisent sont radicalement différents des nôtres, presque imbuvables en occident car très éloignés de nos standards gustatifs…
La France arrivera t-elle à resister à cette bataille de gouts, devra-t-elle plier sa production aux lois du marchés et produire un vin “made for China”?
Rendez-vous dans 5 ans.